Avocat et médiateur

L’essence du travail du médiateur est de repérer dans les propos échangés entre les parties les lignes de convergence possibles, afin d’élaborer une solution qui provient des parties elle-même.


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Dans l’exercice de ma profession d’Avocat, j’ai assez vite réalisé que notre système judiciaire avait de sérieuses limites. La principale est que le juge doit respecter la loi et qu’il ne peut donc pas inventer des solutions spécifiques des parties (contraint d’intervenir exclusivement dans le cadre rigide de la loi).
Le juge est fortement balisé, voir encadré.

La deuxième contrainte significative était le temps donné aux parties pour exposer personnellement leur point de vue sur… leurs vies, tout simplement !
Alors que ces éléments sont essentiels dans le cadre d’un divorce, puisque la décision du juge peut signifier la restriction du droit d’accès aux enfants voire la privation des enfants et d’importantes contraintes financières. Ce temps, chez un juge généreux, pouvait monter à quinze minutes pour les deux. Mais le plus souvent, la formule usuelle tombait « votre Avocat vous représente » ce qui voulait dire que mon client n’avait plus le droit à la parole. Pas plus que son adversaire d’ailleurs…

Je réfléchissais à ces diverses carences et les moyens d’y remédier lorsque notre Barreau proposa la création d’un groupe d’une quarantaine d’Avocats en vue de les former à la médiation. Cette formation fut une illumination et la réponse à toutes les questions que je me posais. Oui, il existait un processus où les parties retrouvaient pleinement leur liberté de Parole devant un tiers neutre et impartial, comme le Juge, soumis à la confidentialité, comme le Juge mais qui au contraire du Juge ne disposait d’aucun pouvoir de coercition ou de décision. 

Des outils psychologiques très puissants,tels que la reformulation,la posture de tiers, ou l’écoute active empathique font partie des outils des médiateurs. J’ai vite compris l’enrichissement que ces outils seraient, y compris dans ma pratique d’Avocat.

Mais surtout, la pratique de la médiation m’a appris que pour la majorité des parties qui sont en procès, leur souhait le plus vif est d’abord qu’il se termine vite. Bien sûr, les parties ne souhaitent pas que leurs intérêts soient irrémédiablement lésés. Mais elles sont prêtes à d’importantes concessions si la réciproque est vraie. Dans le processus judiciaire, il existe divers moments (les grecs appelaient ces opportunités le Kairos) où l’on peut faire « basculer » le procès vers une solution amiable.

Je suis aujourd'hui inscrit sur la liste des médiateurs agréés par la Cour d'appel.


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